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Addictions : comment briser le cycle de la dépendance au quotidien

La Bourgogne-Franche-Comté accélère sa lutte contre les addictions et cherche des solutions face au réchauffement climatique, comme le rapporte le Journal du Centre.

mis à jour 04 septembre 2026

Addictions : comment briser le cycle de la dépendance au quotidien

En parallèle, un reportage diffusé par franceinfo la 1ère consacré à l'unité d'addictologie du centre hospitalier Beauperthuy, à Pointe-Noire, rappelle que la dépendance bouleverse le quotidien de patients pris en charge pour cocaïne, crack ou alcool — bien au-delà des frontières d'une seule région. Pour celles et ceux qui nous lisent à Lille, ces deux actualités convergent vers une même question: par où commencer, quand la consommation a pris le dessus?

Ce que disent les chiffres: un paysage français en mouvement

Le reportage de franceinfo la 1ère offre un aperçu chiffré de l'addictologie aujourd'hui en France. À l'hôpital Beauperthuy, 95 patients ont été admis en 2025 dans l'unité dédiée; parmi eux, 43 — environ 45 % — étaient dépendants à la cocaïne ou au crack. À l'échelle nationale, l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a étudié les parcours de 190 000 patients. L'alcool reste le premier motif de prise en charge, avec 48,7 % des nouveaux patients en 2024, contre 45,3 % en 2019. Les prises en charge pour le cannabis, le tabac et l'héroïne reculent. La cocaïne, elle, représente 4,8 % des nouveaux patients et progresse.

Autrement dit, toutes les addictions n'évoluent pas dans le même sens. Et cette réalité, même si l'on n'en parle pas toujours autour de soi, se glisse dans le quotidien de bien des familles.

Derrière les pourcentages, des parcours qui nous parlent

Ce qui touche dans ce reportage, ce sont les récits des patients eux-mêmes. L'un d'eux fume du crack chaque jour depuis vingt-six ans; après une première tentative d'arrêt restée sans suite, il explique avoir trouvé dans le dialogue avec son médecin le moment charnière qui l'a conduit à se faire hospitaliser cette fois. Un autre patient, âgé de quarante-cinq ans, décrit vingt ans de consommation de cocaïne et la perte progressive de contrôle qui en a découlé — rupture familiale, perte d'emploi, violence intérieure. Tous deux expriment la même idée: ce n'est pas une question de volonté, c'est une emprise qui se construit lentement, pas à pas.

Si vous reconnaissez une part de ce tableau — la consommation qui s'installe, les promesses qu'on se fait et qu'on ne tient pas, la honte qui revient au petit matin — vous n'êtes pas seul·e. Ces parcours sont fréquents, et ils méritent un accompagnement à la hauteur de leur complexité.

Trois leviers concrets pour soutenir un parcours de sevrage

Quand la dépendance s'installe, il est difficile de savoir par où commencer. Voici trois pistes que nous travaillons régulièrement en cabinet, à Lille, avec les personnes qui poussent la porte.

D'abord, oser parler. Le premier mouvement consiste souvent à rompre le silence — auprès d'un médecin traitant, d'un centre d'addictologie, ou d'un professionnel de l'écoute. Les unités spécialisées existent sur tout le territoire, à l'hôpital ou en ambulatoire, et accueillent sans jugement. Vous pouvez aussi appeler anonymously une ligne d'écoute pour faire un premier pas, sans engagement.

Ensuite, accueillir le rythme du corps. Le sevrage bouscule le sommeil, l'appétit, la respiration. Avant toute décision, on peut commencer par ralentir: quelques minutes de respiration consciente, une marche sans téléphone, un verre d'eau posé devant soi. Ces gestes paraissent dérisoires face à une addiction, et pourtant ils redonnent au corps sa juste place — celle d'un allié plutôt que d'un adversaire.

Enfin, envisager un accompagnement complémentaire. L'hypnose ericksonienne ne remplace pas un suivi médical, mais elle ouvre un espace pour travailler les automatismes, les émotions qui poussent à consommer, et la confiance qui s'effrite. À Lille, plusieurs praticiens formés à cette approche accompagnent les personnes en parcours de sevrage, en articulation avec leur médecin ou leur addictologue. L'idée n'est pas d'effacer la dépendance d'un coup de baguette, mais de retrouver, séance après séance, un peu de latitude intérieure.