Horaires atypiques : l'Anses alerte sur les risques accrus pour le sommeil et la santé mentale
Ce que vous vivez n'est pas un manque de volonté: selon l'expertise publiée le 2 septembre par l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), entre 55 % et 76 % des actifs en France sont exposés à…

Quand le corps oublie comment se poser
Vous rentrez à 21h après une journée commencée à 5h30, le corps épuisé — et pourtant le sommeil ne vient pas. Ou l'inverse: un réveil qui sonne trois heures après vous avoir laissé·e tomber sur le canapé, et ce brouillard qui vous accompagne jusqu'au soir. Ce que vous vivez n'est pas un manque de volonté: selon l'expertise publiée le 2 septembre par l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), entre 55 % et 76 % des actifs en France sont exposés à au moins une forme d'horaire atypique — travail le week-end, journées longues de plus de 8 heures, ou horaires décalés entre 5h et 8h et entre 19h et minuit.
Ce que cette expertise change pour nous
L'Anses ne parle pas de cas isolés mais d'une tendance statistique solide: entre 55,74 % et 76,22 % des actifs occupés pratiquent au moins une des formes d'horaires atypiques étudiées. Ce que cette exposition produit n'est pas une simple fatigue passagère — l'agence souligne une augmentation significative des troubles du sommeil, de l'anxiété et de la détresse psychologique.
Un autre point mérite qu'on s'y arrête: la notion d'« horaire atypique » n'existe pas encore en droit français ou européen. Salariés, agents publics ou indépendants, quel que soit le métier, tous les travailleurs peuvent être concernés à différents degrés au cours de leur vie professionnelle. L'agence invite les pouvoirs publics à poser une définition commune — utile à la prévention des risques professionnels, mais aussi pour faciliter la recherche à venir.
Alors, comment le système nerveux apprend-il à lâcher quand le signal du soir ne correspond plus à la baisse naturelle de lumière? Comment l'endormissement redevient-il possible quand le corps ne reconnaît plus ses propres repères?
Ce que vous pouvez installer dès cette semaine
Avant d'envisager une thérapie, commençons par trois gestes simples que nous pouvons mettre en place ensemble.
Un sas de transition de quinze à vingt minutes: votre cerveau ne fait pas la différence entre « il est 21h » et « mon corps bascule en mode repos ». Éclairage tamisé, quelques respirations amples, musique douce — l'idée est d'envoyer un signal cohérent à votre système nerveux, jour après jour.
Une régularité, même imparfaite: maintenez autant que possible une heure de coucher et de lever stable. Mieux vaut une routine approximative mais tenue qu'un horaire idéal sans cesse recomposé.
Le droit de demander de l'aide: quand l'anxiété s'installe malgré ces ajustements, l'hypnose ericksonienne peut devenir un espace pour dénouer ces tensions sans les affronter de front. Au cabinet, le travail porte précisément sur ce dialogue avec le corps — repérer les signaux d'alerte, réapprendre la confiance en l'endormissement, relâcher les boucles de ruminations qui alimentent l'éveil.
Vous travaillez en horaires décalés, ou quelqu'un de votre entourage est concerné? Le premier pas peut être simplement de reconnaître que ce n'est pas « dans la tête » — c'est un signal du corps à accueillir.