Addictions en mer : comment les services sociaux soutiennent les marins-pêcheurs
Vous connaissez cette sensation, le dimanche soir, quand la semaine s’annonce déjà lourde dans le ventre? Pour les marins-pêcheurs, cette pression, elle est quotidienne, amplifiée par un métier exigeant et des conditions de travail singulières.

Une réalité qui attire enfin l’attention des services sociaux, qui lancent des actions de prévention sur les ports. Comment, en tant que société et en tant que praticiens du soin, pouvons-nous mieux entendre et accompagner ces professionnels face aux risques d’addiction?
Un tabou qui lève l'ancre à Granville
C’est sur le port de Granville que le Service Social Maritime a ouvert le dialogue, le 4 septembre 2026. L’objectif n’est pas de pointer du doigt, mais d’éduquer et de montrer concrètement les risques. Des agents utilisent ainsi des masques de simulation pour faire ressentir les effets d’un léger taux d’alcoolémie sur la coordination et la vision. L’approche se veut sans stigmatisation, rappelant que les addictions touchent tous les milieux professionnels.
La parole des anciens marins, comme celle recueillie sur place, esquisse l’évolution du problème: si l’alcool semble reculer à bord, l’usage de cannabis ou de cocaïne, parfois pour tenir le rythme de longues sorties en mer, pointe. Un indicateur d’une souffrance professionnelle qui ne dit pas toujours son nom, où la fatigue extrême et l’isolement peuvent conduire à chercher des échappatoires.
La prévention: une bouée pour un cheminement vers l’aide
L’initiative du Service Social Maritime est précieuse car elle crée un espace de discussion neutre, loin des jugements. Deux autres journées sont déjà programmées à Port-en-Bessin et Saint-Vaast-la-Hougue. C’est une porte d’entrée essentielle: quand on n’ose pas nommer son mal, pouvoir en entendre parler dans un cadre professionnel et bienveillant peut ouvrir une brèche.
Pour notre pratique, cela souligne un point fondamental. L’addiction, qu’elle soit liée à une substance ou à un comportement, est souvent le symptôme d’un besoin d’apaisement non trouvé ailleurs. L’hypnose ericksonienne, par son approche douce et sa focalisation sur les ressources intérieures, offre justement un cadre pour dénouer les liens avec les mécanismes de dépendance, sans confrontation brutale. Elle aide à explorer autrement les moments de tension, à respirer à nouveau face à l’envie irrépressible.
Ce que cette alerte nous rappelle sur nos propres rivages
Cette actualité des ports normands résonne bien au-delà du milieu maritime. Elle nous parle de l’importance capitale de la prévention et de l’accompagnement de la souffrance psychique, souvent invisible. Les réseaux sociaux, évoqués dans un autre contexte de prévention contre l’addiction, partagent cette même logique d’attraction immédiate, cette même fuite possible devant un mal-être.
Que vous soyez concerné directement, proche de quelqu’un qui l’est, ou simplement sensible à ces enjeux, que pouvez-vous retenir? Premier réflexe: chercher une information claire et sans jugement. Des professionnels formés, comme les agents du Service Social Maritime, existent pour écouter et orienter. Ensuite, se rappeler que demander de l’aide n’est pas une faiblesse, mais une étape courageuse d’un cheminement vers un mieux-être. Des approches comme l’hypnothérapie peuvent constituer ce pont sécurisé, permettant de relâcher la prise du vice sans violence, pour retrouver une navigation plus sereine.