Santé mentale : comment briser les tabous et libérer la parole au quotidien
En parallèle, TIME France publie une réflexion sur la meilleure façon de toucher le grand public.

Si vous avez déjà senti cette boule au ventre quand un collègue demande « comment tu vas » et que vous n'osez pas répondre vraiment, vous savez combien il reste difficile de parler de santé mentale. Le CRéSaM, en Belgique, vient de dévoiler le programme de la Semaine de la Santé Mentale 2026, prévue du 5 au 11 octobre, avec un objectif précis: sensibiliser le public et déstigmatiser les troubles psychiques. En parallèle, TIME France publie une réflexion sur la meilleure façon de toucher le grand public. Deux regards qui nous donnent l'occasion de transformer cette semaine en élan concret, plutôt qu'en simple rendez-vous médiatique.
Ouvrir la porte sans forcer
Parler de sa santé mentale reste un acte courageux, même lorsque tout va « à peu près bien ». Combien d'entre nous préférons encore répondre « ça va, et toi? » avec un sourire un peu trop maîtrisé? Cette Semaine de la Santé Mentale nous rappelle que derrière ce réflexe se cache souvent une peur: celle de peser, celle d'être jugé, celle de ne pas savoir comment nommer ce que l'on ressent.
Et si la sensibilisation commençait par quelque chose de très simple — accepter, par exemple, de dire « en ce moment, c'est un peu dense » sans se justifier? La conversation n'a pas besoin d'être spectaculaire pour être utile. Elle a besoin d'être vraie.
Trois gestes pour faire bouger les lignes
Concrètement, que pouvons-nous faire, chacun à notre rythme?
D'abord, nous informer sans dramatiser. Le programme du CRéSaM, destiné au grand public, offre plusieurs rendez-vous à découvrir et à partager autour de soi. Pas besoin d'être personnellement « concerné » pour y jeter un œil: comprendre, c'est déjà soutenir.
Ensuite, écouter sans réparer. Quand quelqu'un se confie, l'envie de minimiser (« mais non, t'inquiète ») ou de conseiller à tout prix peut être forte. Parfois, le geste le plus précieux tient en une phrase: « je t'entends, et je suis là. »
Enfin, oser consulter, ou simplement en parler autour de soi. Il existe aujourd'hui des portes d'entrée variées — accompagnement psychologique, hypnose ericksonienne — pour celles et ceux qui souhaitent être écoutés. L'important n'est pas la méthode, c'est le pas.
Un espace pour ralentir et mettre des mots
Au cabinet, nous voyons régulièrement arriver des personnes qui disent « je ne sais même pas pourquoi je suis là ». Elles ont souvent déjà franchi, sans le savoir, le plus difficile: décider de prendre rendez-vous. Le travail en hypnose permet alors de ralentir, de respirer, et d'accueillir ce qui cherche à se dire — parfois pour la première fois.
La Semaine de la Santé Mentale 2026 n'est pas un aboutissement. C'est une invitation. À nous de la transformer, chez nous, dans nos conversations, en quelque chose de plus doux et de plus vivant.