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Santé mentale des jeunes : pourquoi l'OMS cible les stratégies de l'industrie du tabac

Selon une annonce de l'Organisation mondiale de la Santé, la Journée mondiale sans tabac 2027 sera placée sous le signe du bien-être mental des jeunes.

mis à jour 28 août 2026

Santé mentale des jeunes : pourquoi l'OMS cible les stratégies de l'industrie du tabac

La campagne veut mettre en lumière les liens entre nicotine, dépendance, stress et santé mentale chez les enfants et les adolescents, et dénoncer l'image trompeuse qui associe produits nicotiniques et apaisement. Pour celles et ceux qui, comme nous, accompagnent les émotions au quotidien, c'est un rappel précieux: quand un jeune fume pour décompresser, il entre souvent dans une boucle qui nourrit précisément ce qu'il cherche à fuir.

Une stratégie industrielle qui se déguise en bien-être

L'OMS observe que l'industrie du tabac et de la nicotine investit massivement des secteurs qu'elle présente désormais sous les étiquettes bien-être, santé et « au-delà de la nicotine ». Les jeunes, soumis aux pressions scolaires, sociales et à l'incertitude du futur, deviennent une cible de choix. Ce mouvement n'est pas nouveau: pendant des décennies, la cigarette a été vendue comme un moment de relaxation, une pause plaisir. Aujourd'hui, la cigarette électronique et les nouveaux produits nicotiniques reprennent exactement ce récit, en l'habillant d'un vocabulaire de soin et de développement personnel.

L'enjeu, pour nous, est de reconnaître ces discours lorsqu'ils passent entre les mailles du filet. Une élève qui vapote avant un examen, un jeune adulte qui sort sa puff dès qu'une notification le stresse, un sportif qui cherche la concentration dans la nicotine: derrière ces gestes, il y a souvent l'espoir sincère de se sentir mieux — et c'est précisément cette attente que l'industrie capte avec soin.

Pourquoi la nicotine ne tient pas sa promesse

Les données rassemblées par l'OMS rappellent un mécanisme que nous rencontrons régulièrement en cabinet: la nicotine procure un soulagement apparent, mais le manque qui suit ramène irritabilité, anxiété et envie irrépressible. Le cerveau adolescent, encore en construction, reste particulièrement sensible à cette exposition. Fumer pour aller mieux revient à marcher sur un tapis roulant: on s'agripe, on s'épuise, on ne progresse pas.

La nouvelle est toutefois porteuse d'espoir. L'OMS souligne que l'arrêt du tabac s'accompagne d'une amélioration du bien-être mental — moins de stress, d'anxiété et de symptômes dépressifs, un sommeil retrouvé, une qualité de vie qui remonte. Le sevrage n'est donc pas un sacrifice supplémentaire: c'est un retour de souffle.

Ce que nous pouvons transmettre autour de nous

Concrètement, trois directions simples à garder en tête.

  • Nommer le piège sans moraliser. Une phrase d'avertissement culpabilisante ferme le dialogue; une description concrète de ce qui se passe dans le corps après la bouffée ouvre une vraie réflexion.
  • Proposer d'autres ancrages. Respiration carrée, auto-hypnose du lieu ressource, cohérence cardiaque: autant de micro-rituels qui offrent un relâchement durable, sans coût pour la santé.
  • Orienter vers un accompagnement adapté quand la dépendance est installée. L'hypnose ericksonienne, en travaillant sur les motivations profondes et les automatismes, trouve ici une place de choix aux côtés des aides validées par l'OMS.

L'annonce de l'OMS nous rappelle une chose essentielle: protéger les jeunes esprits, ce n'est pas leur interdire de ressentir du stress, c'est leur donner des outils vrais pour traverser ces vagues. À nous, praticiens, parents et éducateurs, de tenir ce cap avec constance et douceur.