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Kwit, la thérapie digitale qui transforme l’arrêt du tabac et des addictions

L'application française Kwit, devenue en 2023 la première thérapie digitale de sevrage tabagique validée par l'Organisation mondiale de la santé, rassemble aujourd'hui plus de cinq millions…

mis à jour 06 septembre 2026

Kwit, la thérapie digitale qui transforme l’arrêt du tabac et des addictions

Kwit, la thérapie digitale qui transforme l'arrêt du tabac et des addictions

L'application française Kwit, devenue en 2023 la première thérapie digitale de sevrage tabagique validée par l'Organisation mondiale de la santé, rassemble aujourd'hui plus de cinq millions d'utilisateurs, comme le relate WeAreMobians. Derrière ce succès, une histoire familière à toutes celles et ceux qui accompagnent des patients dans une démarche d'arrêt: un ingénieur qui n'a pas trouvé l'outil qu'il cherchait, et qui a choisi de le créer lui-même.

Douze ans au service du sevrage

Kwit est née en 2012 sous l'impulsion de Geoffrey Kretz, puis s'est structurée en start-up strasbourgeoise à partir de 2016. L'application s'appuie désormais sur un comité scientifique spécialisé en addictologie et neurosciences, et combine plusieurs leviers: suivi des progrès, gestion des envies, contenus motivationnels, accompagnement quotidien. D'après les données relayées par la source, 69 % des utilisateurs seraient encore non-fumeurs trois mois après le début du programme. En 2022, la même équipe a lancé Sobero, une déclinaison pensée pour la consommation d'alcool, et affiché une ambition claire: aider cent millions de personnes à se libérer de leurs addictions d'ici 2030.

La place du numérique dans notre pratique

Pour nous, praticiens en hypnose ericksonienne, la question n'est plus de savoir si ces outils fonctionnent — les chiffres parlent d'eux-mêmes — mais de comprendre comment ils s'articulent avec le travail mené en cabinet. Une autre application française, Kaiho, lancée le 1er juin 2026 par Vincent Pellaumail et Arthur Chambriard, propose justement un regard complémentaire: un parcours progressif qui accueille les personnes encore indécises, sans exiger de date d'arrêt immédiate. Cette philosophie du cheminement à son rythme rejoint pleinement ce que nous défendons au quotidien.

Loin de remplacer la relation thérapeutique, ces solutions peuvent devenir un relais précieux entre deux séances — un soutien quotidien qui rappelle l'intention posée sous hypnose et ancre les nouvelles ressources dans la journée. Elles ne remplacent en revanche pas le regard clinique sur les situations plus complexes: polyaddictions, anxiété diffuse, deuils ou traumatismes anciens qui appellent un accompagnement présent.

Orienter sans se substituer

Si vous recevez des patients en démarche de sevrage, trois réflexes simples peuvent guider votre conseil. Demandez-leur d'abord s'ils utilisent déjà une application: cela vous donne une lecture de leur engagement et des déclencheurs qu'ils ont identifiés seuls. Orientez-les ensuite vers des outils validés scientifiquement, plutôt que vers les innombrables compteurs disponibles sans cadre. Enfin, si le sevrage tabagique s'inscrit dans un travail plus large sur le stress ou l'anxiété, rappelez-vous que l'outil numérique agit sur le symptôme au jour le jour, tandis que l'hypnose travaille en profondeur sur les racines émotionnelles — les deux approches peuvent alors se renforcer au lieu de se concurrencer.

Le numérique ne remplace pas la main tendue, mais il offre un fil conducteur quand le cabinet ferme ses portes.