Addiction à la kétamine : quand la consommation festive devient un piège quotidien
C'est précisément ce basculement que documente un reportage de franceinfo publié ce week-end sur la kétamine chez les jeunes, et c'est un signal que les spécialistes d'addictologie prennent désormais très au sérieux.

Vous avez peut-être remarqué, autour de vous ou chez un proche, ce moment où une consommation "à l'occasion" glisse vers le quotidien — quand la soirée sans produit devient difficile à imaginer, et que la respiration semble manquer sans lui. C'est précisément ce basculement que documente un reportage de franceinfo publié ce week-end sur la kétamine chez les jeunes, et c'est un signal que les spécialistes d'addictologie prennent désormais très au sérieux.
Une drogue festive devenue piège du quotidien
Longtemps cantonnée aux espaces festifs et aux soirées techno, la kétamine s'est banalisée à partir des années 2010, explique franceinfo. Chez une partie des consommateurs, l'usage récréatif s'est mué en conduite addictive. Hélène Donnadieu, responsable du service d'addictologie du CHU de Montpellier, constate depuis deux à trois ans une augmentation nette des consultations, avec des patients très jeunes — parfois encore mineurs, parfois tout juste majeurs — et issus de tous les milieux, sans profil type.
Ce qui rend la kétamine particulièrement difficile à repérer, c'est l'effet recherché lui-même: un état d'apaisement dissociatif, qui ne "coupe" pas des émotions comme d'autres produits. Beaucoup décrivent une impression de flotter, de relâcher une tension intérieure. Le piège se referme quand ce soulagement devient un besoin, avec des pulsions de manque qui surgissent à n'importe quel moment et se rapprochent au fil du temps. Comme le résume un jeune homme de 24 ans, après neuf semaines de cure: "On se retrouve dedans sans forcément s'en rendre compte."
Ce que la kétamine cherche à calmer
Alors, que se passe-t-il vraiment quand le produit devient un réflexe? Derrière l'effet chimique, il y a presque toujours une fonction: calmer une anxiété de fond, mettre à distance une douleur, retrouver un sentiment de contrôle. Le produit devient une béquille émotionnelle — et c'est précisément ce que nous pouvons travailler ensemble en hypnose ericksonienne.
L'hypnose ne se substitue pas à un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire — cure, sevrage, accompagnement spécialisé. Mais elle ouvre un espace pour comprendre la fonction du produit, dénouer ce qui cherche à se calmer par ce biais, et installer d'autres chemins d'apaisement. Concrètement, une séance permet de repérer le déclencheur émotionnel, de retrouver une respiration qui apaise, et de construire des ressources intérieures que le corps peut rappeler seul, même quand le produit ne l'est plus.
Trois signaux à observer, sans dramatiser
Si un proche vous inquiète, ou si vous reconnaissez ces signes chez vous-même, voici trois repères simples. D'abord, un changement d'usage: de l'occasionnel au quotidien, ou des quantités qui augmentent sans qu'on l'ait décidé. Ensuite, un recentrage de la vie sociale autour du produit, ou une irritabilité quand il devient indisponible. Et surtout, une utilisation qui répond à un malaise précis — rupture, stress, vide qu'on ne sait pas nommer.
Face à ces signaux, l'erreur la plus fréquente serait de se figer ou de culpabiliser. Comment accueillir le sujet avec douceur, sans jugement ni leçon? C'est souvent là que tout se joue. Un premier rendez-vous permet simplement de poser des mots — à votre rythme, sans engagement.