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Éco-anxiété : quand le dérèglement climatique pèse sur votre santé mentale

Selon Sud Ouest, de plus en plus de Français expriment une détresse psychologique liée à l’avenir de la planète, dans un contexte marqué par les épisodes de chaleur extrême, la sécheresse et les incendies.

mis à jour 23 août 2026

Éco-anxiété : quand le dérèglement climatique pèse sur votre santé mentale

Quand la respiration se raccourcit à l’annonce d’une nouvelle canicule, que les images d’incendies reviennent en boucle et qu’il devient difficile de penser à autre chose, l’inquiétude peut prendre toute la place. Selon Sud Ouest, de plus en plus de Français expriment une détresse psychologique liée à l’avenir de la planète, dans un contexte marqué par les épisodes de chaleur extrême, la sécheresse et les incendies. Pour nous, l’enjeu n’est pas de minimiser cette peur, mais de comprendre à quel moment elle commence à déborder sur le quotidien.

Quand l’inquiétude climatique devient envahissante

Le terme d’éco-anxiété désigne, selon la définition rapportée par Sud Ouest, un mal-être lié à la prise de conscience des bouleversements environnementaux et à la difficulté de se projeter dans l’avenir. Elle peut rester une préoccupation diffuse, mais aussi se traduire par des ruminations, une sensation de paralysie ou des crises d’angoisse.

Le témoignage d’André, un ingénieur de 32 ans cité par le journal, illustre ce basculement. Pendant une vague de chaleur de près de deux semaines qui a débuté à la mi-juin, ses angoisses sont devenues suffisamment intenses pour l’empêcher de travailler et de se concentrer. Sa peur ne portait pas seulement sur les événements en cours, mais aussi sur les étés à venir.

Cette distinction est importante. Se sentir préoccupé par le climat ne signifie pas automatiquement souffrir d’un trouble psychique. En revanche, lorsque les pensées deviennent répétitives, que le repos ou le travail sont perturbés, ou que la personne se sent complètement immobilisée, il peut être utile de ne pas rester seule avec ce poids.

Des chiffres qui donnent une mesure du phénomène

Sud Ouest rapporte qu’une étude de l’Ademe publiée en 2025 estime à 16,6 millions le nombre de Français présentant des symptômes de détresse psychologique liés à l’environnement. Les personnes âgées de 25 à 34 ans seraient particulièrement concernées, avec une difficulté à se projeter dans un monde marqué par le réchauffement climatique, à laquelle peuvent s’ajouter les inquiétudes liées à l’emploi ou au logement.

Le même article cite Pierre-Éric Sutter, directeur de l’Observatoire de l’éco-anxiété, qui affirme que les incendies ayant touché plusieurs régions françaises et les vagues de chaleur auraient fait augmenter de 2,6 millions le nombre de personnes souffrant d’éco-anxiété. Cette donnée repose, précise le journal, sur les premiers résultats d’une étude annoncée pour septembre: elle doit donc être considérée comme un élément encore présenté en amont de sa publication.

La question a pris une place suffisante dans le débat public pour qu’une campagne d’information intitulée « Comment gérer l’éco-anxiété? » soit lancée fin juillet, toujours selon Sud Ouest. L’Observatoire distingue par ailleurs sept degrés d’éco-anxiété, à partir de l’inquiétude et des ruminations. D’après son directeur, le quatrième degré correspondrait au moment où la situation commence à devenir préoccupante pour la santé mentale.

Que faire quand la peur prend toute la place?

Nous pouvons commencer par observer ce qui se passe concrètement, sans chercher à poser nous-mêmes une étiquette. Est-ce une inquiétude qui apparaît après une actualité particulièrement violente, puis s’apaise? Ou bien les pensées reviennent-elles chaque jour, au point de gêner le sommeil, la concentration ou le travail? Cette observation simple aide à dénouer la confusion entre une émotion compréhensible et une souffrance devenue envahissante.

Il peut aussi être utile de limiter le face-à-face continu avec les images de catastrophes. Non pas pour détourner le regard, mais pour retrouver un rythme respirable entre les moments d’information. Lorsque l’esprit reste en alerte, revenir à des repères très concrets — ce que l’on ressent dans le corps, ce que l’on fait maintenant, ce qui peut attendre — permet parfois de sortir, progressivement, de la spirale des scénarios.

Les jeunes adultes ne sont pas les seuls à être concernés. La Semaine rapporte que, selon une étude Odoxa de septembre 2024, plus d’un jeune de 18 à 24 ans sur deux a déjà été confronté à un trouble psychique et près d’un tiers présente des signes anxieux ou dépressifs. Le recours aux soins restant insuffisant, plusieurs ressources sont citées: Mon soutien psy, les Maisons des adolescents, les centres médico-psychologiques, Nightline, le 3114 et le dispositif Vigilan’S.

Si la peur du climat vous donne la sensation de ne plus pouvoir avancer, demander un soutien n’est donc pas une faiblesse. C’est une manière de retrouver un peu d’espace intérieur, afin que l’inquiétude puisse être entendue sans diriger toute votre vie.