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Santé mentale des hommes : briser le silence face à la souffrance psychique

Selon une analyse publiée par Santé sur le Net, les hommes en France retardent massivement leur prise en charge psychologique, alors qu'ils restent les plus exposés aux conséquences les plus lourdes…

mis à jour 15 septembre 2026

Santé mentale des hommes : briser le silence face à la souffrance psychique

Selon une analyse publiée par Santé sur le Net, les hommes en France retardent massivement leur prise en charge psychologique, alors qu'ils restent les plus exposés aux conséquences les plus lourdes de la souffrance psychique. Vous reconnaissez peut-être ces signes autour de vous — la mâchoire qui se serre en pleine réunion, le nœud au ventre du dimanche soir, ce collègue qui remplit chaque silence par une activité de plus. Un écart silencieux que nous croisons aussi dans notre cabinet lillois, et sur lequel l'hypnose ericksonienne peut ouvrir une brèche, en commençant par le corps avant de chercher les mots.

Un mal qui ne se dit pas — et qui pourtant existe

En 2021, 9,3 % des hommes de 18 à 85 ans déclaraient un épisode dépressif, contre 15,6 % des femmes. Ce chiffre plus bas ne raconte qu'une partie de l'histoire: sur la période 2011-2021, les hommes représentent 76,1 % des décès par suicide, avec un taux près de trois fois supérieur à celui des femmes. Et lorsque la dépression s'installe, plus d'un homme sur deux — 54 % — n'est pas pris en charge, contre 44 % en population générale.

Plutôt que par les larmes ou une tristesse verbalisée, la psychologue clinicienne Léa Chartier observe que cette souffrance masculine s'exprime souvent par de l'irritabilité, de la colère, un repli sur soi, un mutisme, un surinvestissement dans le travail ou le sport, ou encore par des conduites addictives. Vous reconnaissez peut-être quelqu'un dans ces lignes — ou peut-être vous-même, sans vous en rendre compte.

Les vrais freins avant la première séance

Un sondage d'opinion mené en 2024 auprès de 1 000 hommes place en tête des obstacles non pas la peur du regard de l'entourage (16 %), mais des freins très concrets: le coût des séances (38 %), la gêne de se confier à un inconnu (37 %) et la difficulté à trouver le bon professionnel (33 %). Avant même la question « faut-il y aller? », c'est « comment y aller, à quel prix, vers qui? » qui reste souvent sans réponse.

Comme le rappelle Léa Chartier, beaucoup d'hommes ont grandi avec l'idée d'associer la force à l'autonomie et au contrôle de soi. Demander de l'aide peut alors être vécu, à tort, comme un aveu de faiblesse ou une perte de contrôle. La bonne nouvelle, ajoute-t-elle, c'est que les mentalités évoluent, notamment chez les plus jeunes générations qui parlent davantage de santé mentale.

Un premier pas qui ne demande pas tout à dire

L'intérêt d'approches comme l'hypnose ericksonienne, c'est qu'elles n'exigent pas de tout verbaliser d'emblée. La séance commence par le corps — la respiration, les tensions, le rythme — et crée un espace de sécurité intérieure où les mots peuvent revenir plus tard, à leur propre tempo. C'est souvent en relâchant ce qui était crispé que la parole retrouve doucement sa place.

Pour avancer concrètement, trois petits gestes peuvent suffire cette semaine: reconnaître un signe chez soi — irritabilité inhabituelle, sommeil haché, besoin de remplir chaque silence — sans se juger; identifier un professionnel avec qui le courant passe, quitte à tester une première séance courte; et se rappeler que demander de l'aide n'est pas un aveu de faiblesse, mais le premier mouvement d'un cheminement que l'on n'a pas à faire seul.