Addictions chez les jeunes : pourquoi la prévention doit devenir une priorité nationale
Cette boule au ventre qui vous serre la gorge quand vous apercevez, chez un proche jeune, les premiers signes d'un comportement qui échappe, c'est précisément le sujet sur lequel le député Cyrille…

Cette boule au ventre qui vous serre la gorge quand vous apercevez, chez un proche jeune, les premiers signes d'un comportement qui échappe, c'est précisément le sujet sur lequel le député Cyrille Isaac-Sibille a présenté un rapport de plus de 300 pages le 16 septembre 2026, à la veille des débats budgétaires sur la sécurité sociale. Dans nos cabinets, nous voyons chaque semaine cette inquiétude se transformer — parfois trop tard — en demande d'aide. Jusqu'où continuerez-vous à détourner le regard?
Ce que pointe vraiment le rapport
Intitulé « Construire un système de santé primordiale », ce texte remis au gouvernement en juillet dernier propose de sortir de l'inaction, que le député qualifie de politique par défaut aux conséquences humaines et financières lourdes. Il y défend six priorités pour la stratégie nationale de santé, dont la santé mentale, la littératie en santé et l'action sur les comportements. Surtout, il appelle à créer un véritable service public de santé enfance et jeunesse, afin que les 0-25 ans cessent d'être les oubliés de la prévention.
En parallèle, d'autres initiatives vont dans le même sens. Le premier bilan d'un plan régional de lutte contre les drogues, évoqué par Imaz Press le 16 septembre 2026, rappelle que les mécanismes d'addiction sont intimement liés aux troubles de santé mentale et plaide pour un accompagnement précoce. La Région Auvergne-Rhône-Alpes, elle, mise sur un Bus prévention santé pour aller à la rencontre des jeunes sur le terrain.
Pourquoi cela résonne particulièrement ici
Dans notre pratique de l'hypnose ericksonienne à Lille, nous accueillons souvent des personnes qui ont attendu le seuil critique avant de consulter. Elles arrivent avec une respiration courte, un sommeil haché, une tension permanente dans les épaules. Ce que souligne ce rapport parlementaire, c'est précisément ce que la clinique nous enseigne depuis longtemps: une intervention précoce — quelques séances pour mettre des mots, retrouver une respiration, dénouer la tension qui pousse à reproduire le geste — peut changer la trajectoire.
L'hypnose ne prétend pas résoudre seule une addiction. Mais elle offre ce temps d'écoute du corps et de l'émotion que le quotidien accéléré ne laisse plus. Elle permet de relâcher ce qui était crispé, et d'ouvrir un chemin vers d'autres choix.
Trois premiers pas pour agir dès maintenant
Que vous soyez parent, jeune adulte ou simplement concerné, voici quelques gestes simples pour transformer l'inquiétude en action:
- Repérer sans dramatiser. Notez les situations qui déclenchent le comportement: stress scolaire, conflit familial, ennui du dimanche soir. Ce sont des portes d'entrée, pas des verdicts.
- Oser la première démarche. Une consultation courte, même simplement pour voir, peut suffire à poser un cadre. Vous n'avez pas besoin d'être prêt à tout changer pour commencer.
- Penser global. Le rapport insiste: santé mentale, alimentation, écrans, sommeil forment un ensemble. Agir sur l'un apaise souvent les autres.
Nous suivrons de près comment ces propositions se traduiront — ou non — dans le prochain budget de la sécurité sociale. D'ici là, n'oubliez pas une chose: demander de l'aide n'est pas un échec. C'est, très souvent, le moment où tout commence à s'apaiser.