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Santé mentale : comprendre les signaux d'épuisement après l'été

D'après le bulletin mensuel publié par Santé publique France le 9 septembre, les recours pour angoisse, états dépressifs et idées suicidaires chez les 18-64 ans restent à des niveaux élevés durant l'été 2026.

mis à jour 11 septembre 2026

Santé mentale : comprendre les signaux d'épuisement après l'été

Cette photographie nationale résonne avec ce que nous observons dans nos cabinets: une fatigue de fond qui ne se voit pas, mais qui finit par peser sur les épaules. Peut-être vous reconnaissez-vous dans ce murmure intérieur qui ne s'éteint pas vraiment, même au retour de vacances.

Un été qui semble ne pas avoir reposé

Le bulletin de Santé publique France ne dit pas que tout va mal. Il pointe un niveau élevé de recours, ce qui signifie surtout que davantage de personnes osent consulter, et que les signaux d'alerte restent nombreux. Quand la boule au ventre du dimanche soir s'installe dès le jeudi, quand le sommeil devient fragmenté sans raison apparente, quand l'irritabilité gagne du terrain — il y a souvent, derrière, un besoin de ralentir qui n'a pas trouvé sa place. Nous voyons aussi que l'angoisse ne se présente plus toujours sous une forme spectaculaire: elle peut se cacher derrière une fatigue chronique, une difficulté à se concentrer, une sensation de fonctionner à côté de soi.

Ce qu'il faut entendre dans ces chiffres, c'est qu'il n'y a pas de saison idéale pour se sentir bien, et qu'attendre d'aller « vraiment mal » pour bouger revient souvent à laisser la tension s'enraciner.

Des rendez-vous concrets près de chez vous

Pendant ce mois de septembre, plusieurs initiatives locales donnent au sujet une visibilité bienvenue. À Metz, le Conseil messin de santé mentale coordonne la 37ᵉ édition des Semaines d'information sur la santé mentale, du 5 au 18 octobre 2026, autour du thème « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ». Spectacles, ateliers d'éveil artistique pour les tout-petits, temps d'échanges — l'idée est de rappeler que prendre soin de soi peut passer par le jeu, le mouvement et la création, pas seulement par la parole clinique. En Pays de Meslay-Grez, du 2 au 8 octobre, une semaine d'événements autour des arts et de la santé mentale est également annoncée par Ouest-France, avec un message simple: nous sommes tous concernés.

Si vous hésitez à franchir la porte d'un cabinet, ces rendez-vous gratuits peuvent être une première étape en douceur — l'occasion de poser une question, de regarder, sans engagement.

Et du côté des politiques publiques

Le ministère de la Santé a, par ailleurs, intégré pour la première fois le chemsex dans la Stratégie nationale de santé sexuelle 2026-2030, selon la Fédération Addiction. Ce n'est pas un sujet de niche: cela traduit une volonté de renforcer les coopérations entre addictologie, santé mentale et réduction des risques. Pour celles et ceux qui se reconnaissent dans ces pratiques ou qui accompagnent un proche, c'est un signal que la parole commence à se libérer, et que des ressources plus adaptées se mettent en place.

Trois gestes à poser dès cette semaine

Plutôt que d'attendre que la tension parle plus fort que vous, voici trois repères simples que nous proposons souvent en début d'accompagnement.

D'abord, ralentissez dix minutes par jour sans objectif. Pas de podcast, pas de scroll: juste une respiration posée, allongé, les yeux ouverts ou fermés, en laissant passer les pensées sans les suivre. Vous remarquerez que le corps se relâche bien avant l'esprit.

Ensuite, nommez ce que vous ressentez, même à voix basse. « Je suis tendu·e », « j'ai peur de ne pas y arriver », « je suis triste sans savoir pourquoi ». Nommer une émotion en réduit l'intensité, parce que le cerveau supporte mieux ce qu'il peut identifier.

Enfin, si les signaux persistent au-delà de deux à trois semaines, envisagez un premier rendez-vous — pas forcément pour « être soigné·e », mais pour être entendu·e. À Lille, un cabinet d'hypnose ericksonienne peut offrir cet espace où l'on vous accueille tel que vous êtes, sans injonction.

Votre cheminement ne demande pas d'être parfait. Il demande simplement que vous acceptiez de ralentir assez pour entendre ce qui, en vous, attend d'être apaisé.