Addictions France : briser le silence autour des dépendances par l'événementiel
D'après lejdc.fr, l'association Addictions France donne rendez-vous à Nevers pour une journée qui dépoussière le sujet: la Journée Addicto' Découverte. Tables rondes, stands, concerts — un format ouvert qui ose sortir l'addiction du silence du cabinet.

Pour nous, qui accompagnons chaque jour des personnes prisonnières de leurs automatismes, voir une grande association investir l'espace public est une vraie respiration. Cela rappelle une évidence qu'on oublie trop souvent: l'addiction n'est pas une faiblesse de caractère. C'est un chemin de souffrance qui mérite d'être entendu, puis accompagné avec douceur.
Une journée qui abaisse la porte d'entrée
L'événement mise sur la convivialité plutôt que sur le discours d'autorité. Les visiteurs peuvent croiser des professionnels, s'arrêter devant un stand, écouter un témoignage ou simplement profiter d'un concert. Ce mélange des genres n'a rien d'anodin: il abaisse la barrière pour celles et ceux qui hésitent à pousser la porte d'un cabinet ou d'une association. La première démarche est toujours la plus difficile, et elle se fait rarement dans un bureau aux murs blancs.
Pour donner du poids à ce moment, Addictions France s'appuie aussi sur son histoire. Selon les informations relayées par Alta Frequenza, l'association célèbre ses 150 ans d'engagement, à l'occasion notamment des 40 ans de sa délégation corse. Conférences, ciné-débats, expositions et événements de rue: la même philosophie se décline sur tout le territoire, avec la mobilisation de professionnels spécialisés et de partenaires de terrain.
Des passerelles qui rejoignent notre pratique
Lors de la semaine anniversaire en Corse, un débat a été animé par Olivier Duris, docteur en psychopathologie et psychanalyse, autour des addictions aux écrans — un sujet qui résonne avec la plupart des patients que nous recevons à Lille. Une autre conférence, menée par le professeur Jean-Luc Sudres, a exploré le lien entre addiction et art-thérapie, présentée comme un chemin créatif pour reprendre contact avec soi.
Ces passerelles nous parlent directement. L'hypnose ericksonienne que nous pratiquons s'inscrit dans cette même idée: contourner la lutte frontale pour aller chercher, avec douceur, la partie de vous qui a déjà les ressources nécessaires au changement. La dépendance n'est plus un combat à mener seul, elle redevient un dialogue intérieur.
Trois pistes concrètes à essayer dès cette semaine
Vous vous reconnaissez dans une dépendance — écrans, tabac, alimentation, achats compulsifs, ruminations anxieuses? Vous n'avez pas attendu cette journée pour vous poser la question, et c'est déjà beaucoup. Voici trois gestes simples à glisser dans votre quotidien avant, peut-être, d'envisager un accompagnement plus structuré:
- Repérer le déclencheur: à quel moment précis de la journée la pulsion surgit-elle? Notez-le simplement pendant une semaine, sans chercher à le corriger.
- Créer un interstice: trois respirations lentes avant l'acte automatique, pour réintroduire un espace entre l'envie et le geste.
- Ne pas rester seul avec la question: que ce soit via Addictions France, votre médecin, ou un praticien en hypnose, l'essentiel est de ne pas porter cette charge en silence.
Nous garderons un œil sur ces initiatives. Elles nous rappellent que la honte reste le premier frein au changement — et que la curiosité, pas la volonté forcée, ouvre la véritable porte.